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Parme

Associé aux familles Farnese et Bourbon, à Napoléon avec mention particulière pour Marie-Louise…le nom de cette ville évoque aussi, pour certains, des parfums notamment de violette…Son célèbre fromage si patiemment conduit à maturité et son inoubliable jambon dodu, débité en tranches fines si agréables au palais, contribuent à sa renommée. Et il ne faudrait pas oublier que les boites d’un beau bleu qui conditionnent les pâtes Barilla de même que leur contenu qui inondent le marché, sont originaires d’ici. Tous ces facteurs sont de nature à justifier la renommée de sa gastronomie dont on peut profiter pour un tarif abordable, assuré que l’on est d’être traité honorablement par les restaurateurs locaux.

Mais comment en rester là ? Les musiciens vont invoquer Arturo Toscanini dont c’est aussi la ville natale…et ils auront raison car le Teatro Reggio est une adresse appréciée des mélomanes.

Les passionnés d’architecture vigilants, car les cyclistes sont nombreux à parcourir la ville, auront à découvrir la cathédrale romane que des peintres talentueux ont enduite de fresques sans oublier le moindre recoin! Ils éprouveront un sentiment de vertige devant les envolées du Corrège réussissant à créer un véritable tourbillon ascendant pour évoquer l’Assomption de la Sainte Vierge sous la coupole dont il a orné le pourtour d’une foule considérable de témoins équilibristes, assis dans le vide et offrant aux spectateurs redoutant que ne tombe de là-haut quelque objet volumineux, une débauche de jambes. Aux sommets des colonnes, rassurants et solides, les saints protecteurs de la cité vaquent dignement à leurs occupations sans se préoccuper des touristes qui fixent leurs images.

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Le baptistère qui prend ici des airs de colombier octogonal surprend par son volume et ses proportions. Sa décoration intérieure, particulièrement florissante sur les voutes qui sont ornées de fresques, retient l’attention. Des statues peuplent la rangée de niches qui courent autour de l’édifice. Et pour instruire les catéchumènes ou ceux qui n’ont pas encore découvert les mystères de la foi, les encadrements de portes, à l’extérieur, offrent des scènes de l’Evangile et notamment la douloureuse destinée de Jean le Baptiste.

Le Corrège a aussi décoré la coupole de l’église Saint Jean l’évangéliste avec le même intense mouvement pour représenter l’apôtre à Patmos. Les Bénédictins veillent sur les lieux, dans le couvent attenant, bénéficiant d’une bibliothèque au plafond remarquablement décoré de grotesques et de citations en grec, latin, hébreux et syriaque. Ils parcourent dans le calme et la méditation les cloîtres si paisibles qui égaient cet ensemble où l’on imagine, à la vue du réfectoire dont l’installation rudimentaire est d’une austérité stupéfiante, que les contingences matérielles ne sont pas une priorité de la vie quotidienne.

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A quelques pas de là, une vaste place traversée par un grand boulevard qui serait le premier d’Italie…accueille la mairie de Parme. Elle s’appelle piazza Garibaldi car la politique l’emporte toujours sur les arts au point que la statue de l’homme politique écrase celle du Corrège, génie local bien que natif d’ailleurs, dont la statue s’est frayé un tout petit espace.

L’imposante coupole de la Madonna della Steccata se profile dominant les toits. L’église qu’elle abrite est le fruit d’une collaboration entre le père et le fils Zaccagni qui furent cependant dessaisis de leur chef d’œuvre au profit de da Grate! Les Bourbon-Parme, dans l’attente de la Résurrection, ont aménagé la crypte tandis que l’ordre constantinien de Saint Georges, pour la branche qui relève de leur autorité, a établi son siège dans le même édifice.

De ce lieu, il est aisé de regagner la place de la Liberté, non sans faire une halte chez l’un des chapeliers dont les vitrines offrent beaucoup de plaisir aux yeux et une protection contre la pluie ou le soleil à qui se laissera tenter.

Le palazzo de la Pilotta, amputé d’une partie de ses constructions lors des bombardements, conserve une allure austère mais bien vite oubliée lorsqu’on pénètre dans le théâtre Farnese. On avait à l’époque le sens de la mise en scène qui saisit le visiteur franchissant l’escalier au moyen duquel on l’atteint. Les acteurs comme les spectateurs se trouvent transportés dans un cadre somptueux. La scène haut perchée, est encadrée de colonnes et d’ornements qui lui confèrent une grâce antique, statues et fresques sont de nature à magnifier cette remarquable orchestration. Au-dessus des gradins, le même souci du décorum a conduit l’architecte à ménager des espaces d’une grande hauteur, délimités par des colonnes et agrémentés de fresques et de médaillons. La reconstruction a su mettre en valeur tout ce qui avait pu être préservé et a redonné vie et volume aux espaces effacés à jamais.

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Le miracle auquel nous avons assisté, en ce lieu privilégié, a été la visite guidée par leurs institutrices de deux classes primaires d’enfants italiens accomplie dans un silence respectueux. Et nous avons même surpris le geste d’une petite fille rappelant à l’ordre une de ses copines qui allait enfreindre la consigne. La culture d’un peuple est le fruit de son éducation !

Le musée attenant ou Galerie Nationale est riche dans sa diversité même si la « schiava turca » prêtée pour une exposition ne nous a pas fait les honneurs des lieux! Il nous restait « l’autoportrait au chapeau rouge » ! Les œuvres du Parmesan et celles plus nombreuses du Corrège ne sont pas les seules richesses de ses collections. La « Madone de l’humilité » de Fra Angelico, la « Scapiliata » de Léonard de Vinci, et un bel archange saint Michel de Cima da Cornegliano dans son tableau de la « Madone à l’Enfant entre saint Michel et saint André » ne sont pas sans intérêt non plus !

A quelques pas de là, il ne faut pas sous-estimer le hall de la Poste, à la façade autrichienne, car ses plafonds art déco ont beaucoup de charme. Vous penserez peut-être que c’est peu de chose en comparaison de la chambre de l’abbesse du couvent de saint Paul, située à côté du Musée des marionnettes. Il est sûr que cette noble dame avait un goût parfait et que Le Corrège n’a pas ménagé ses efforts pour que la commande qu’elle lui avait faite soit à la hauteur du personnage!

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La traversée du Torrente Parma permet de regagner le parco Ducale où cyclistes et coureurs à pied s’en donnent à cœur joie, assurés d’une protection sans faille puisque ce sont les carabiniers qui ont succédé aux Ducs dans le palais de ces derniers que l’on découvre retiré dans un coin du jardin.

C’est tout cela, Parme et encore davantage…

B. M.


Date de création : 22/02/2017 @ 09:33
Catégorie : Voyages - Carnet de Voyage
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