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Soirée Alberto Toscano

13 mai 2014

 

Discours Introductif de Yves Le Floch
Enseignant à Sciences-po-Aix
Responsable Master 1 et 2 de Communication

 

-1-

 

La question que l’on peut ce poser en ce début de soirée, c’est : doit – on encore présenter le très médiatique Alberto Toscano ?

Au cas, ce qui serait étonnant, où quelques personnes dans cette salle, auraient quelques lacunes sur sa carrière et afin de combler celles–ci,  rappelons, brièvement qu’Alberto Toscano a commencé dans le journalisme il y une quarantaine d’année. Il est journaliste, correspondant de la presse italienne à Paris depuis 1986.

 On l’a entendu sur Rfi, France inter, France culture et sur RTL.

Il est président du club de la presse européenne et on le voit, entre autres sur LCI  à «  vu d’ailleurs »,  au «  Kiosque sur TV5, et « C dans l’air » sur France 5.

Il a publié si j’ai bien compté, quatorze ouvrages, avec celui dont nous allons parler ce soir.

Alberto Toscano  est autant connu pour la pertinence et la finesse de ses analyses politiques, que pour la musicalité de son accent, et le son de sa voix.

 

- 2-

 

Lorsque l’on m’a demandé, d’animer cette soirée, à l’occasion de la sortie du nouveau livre d’Alberto, j’ai accepté sans réticences et ce pour plusieurs raisons :

D’abord nous nous connaissons un peu, notamment depuis qu’Alberto, nous fait l’amitié de s’arrêter à AIX, pour présenter  un nouvel ouvrage, et cela depuis quelques années. Période, ou pendant le laps de temps  qu’il consacre à sa famille et  à ses amis, nous échangeons quelques balles de tennis.

Ensuite  parce que nous avons quelques passions communes : celle de l’information, de la communication, de la politique, que nous sommes des Européens convaincus. Cette Europe dont il faudra enfin tout mettre en œuvre, pour qu’elle reprenne sa vraie place dans le monde : peut-être la première.

Cette Europe dont on ne peut qu’être inquiet de la montée de l’extrême droite dans certains pays notamment le nôtre.

Cependant la vigilance démocratique  ne saurait se limiter à l’extrême droite. Le populisme d’extrême gauche, dans ce qu’il a d’anti-démocratique, doit-être dénoncé à juste titre.

Cette extrême gauche, et vous  en  faite longuement et douloureusement état dans  votre livre, dont l’Italie a payé un lourd tribut.

La terrible comptabilité des assassinats politiques, dans votre pays, doit  autant à l’extrême droite qu’à celle de gauche, toutes deux réunies dans la même ignominie.

Ces partis aux extrêmes de l’échiquier politique, qui se servent de la démocratie pour accéder au pouvoir, et qui s’empressent de lui tordre le cou, dés leur accession.

 

-3-

 

Autre passion commune, mais c’est difficile d’y échapper avec un  italien : celle du Foot- Ball. Nous pourrions sur la question être parfois en désaccord. Mais rassurez – vous cela ne peut  ce terminer  que de la meilleure façon qui soit, puisqu’ Alberto n’est pas Materazzi, et que je n’ai pas le talent de Zidane pour les … « coups de boules ».

 Pas de raisons donc de provoquer dans nos relations, un … divorce à l’italienne.

Dernier point de convergence : la gastronomie.

Ce n’est un secret pour personne, il en fait même l’aveu dans son dernier livre, Alberto Toscano  est un peu… (doux euphémisme)  gourmand.

Ce qui peut  au passage présenter quelques avantages sur un court de tennis, pour ses adversaires. Notamment les adeptes des amortis…

Le Seigneur, qui doit – être un peu italien et  lui aussi parfois espiègle, infligea à Alberto le pire supplice qui soit pour un gourmand, et gourmet de nature : être italien de naissance, et vivre en France.

La double peine gastronomique en quelque sorte.

 

-4-

 

Vous lisant mon cher Alberto, un sentiment diffus, quasiment inconnu pour moi est venu s’instiller, un sentiment que l’on peut qualifier  de jalousie, toute amicale bien entendu :

Je me disais : «  comme j’aimerai écrire comme lui, et surtout maitriser aussi bien que vous l’écriture d’une langue qui n’est pas la mienne.

Vous brossez un portrait, de vos compatriotes, avec lucidité, sans complaisance, où l’humour se mêle  avec   une Ironie toute italienne, et  un brin sarcastique, mais avec selon moi tout de même, de la bienveillance, de la tendresse.  Mais jamais de méchanceté dans vos propos. Bref ITALIEN

Vos compatriotes vous énervent, vous agacent cela se sent. Vous aimeriez tellement qu’ils soient mieux que ce que vous  ne les voyez. 

Comment à vous lire, rester insensible à votre histoire, à ceux qui l’on faites, à ceux qui l’a font. Et toujours de façon tragi–comique. Mais chez vous, Italiens, rien ne peut-être simple.

Il faut que je vous fasse un aveu cher Alberto, mais suis-je le seul ici ce soir j’aime l’Italie, j’aime les Italiens et c’est bien pour cela  que comme vous, ils m’irritent.

On à tous une fâcheuse tendance, car probablement idéalistes, à vouloir parfaits  tous ceux qu’on aime.

Les italiens, c’est comme dans une fratrie. Il y en a toujours  un qui se distingue en faisant le malin. Il est plus  moqueur,  plus facétieux,  plus espiègle, plus prétentieux que les autres.

 Mais parce qu’il est beau, parce qu’il nous fait rire malgré tout,  et comme il est  fantaisiste, qu’il a du talent pour le bonheur, on finit toujours par lui pardonner.

 

-5-

 

Cette Italie que nous aimons c’est celle  évidemment, et la liste n’est pas exhaustive de Botticelli, de Léonard de Vinci, Raphaël, Michel Ange,de Florence , Sienne, Rome, Bologne,  Venise, Naples, Capri, et surtout  il ne faut pas  à l’instar d’ Edmonde Charles Roux et Francesco ROSI, « Oublier Palerme ».

Puis c’est  celle  de Vittorio de Sica  qui avec « son voleur de bicyclette », nous fait aimer définitivement le cinéma.

 Le cinéma ?  C’est Ettore Scola que nous avons tant aimé, avec lequel nous avons passé une journée  particulière, en buvant un verre sur la terrasse, parlant de la nuit de Varennes, juste avant de partir au bal.

C’est Visconti  qui nous fait sublimement Mourir à Venise, et Fellini qui nous entraîne sur la Strada, pendant que Rossélini fait  dramatiquement de Rome une ville ouverte qu’Antonioni nous fait vivre l’avventura,  et que Dino Risi nous enivre avec les …parfums de femme.

Nous avons tous un air de Nino Rota  et d’Ennio Morricone qui nous  trotte dans la tête. Tout comme O sole mio, ce  chant  napolitain de 1898, au demeurant  banal, une fois entendu, ne nous quittera jamais plus.

L’Italie c’est aussi malheureusement celle de Mussolini, et du fascisme, de la maffia, d’ Almirante,  du MSI, de la ligue du nord, de Berlusconi, de la Lazio de Rome, et sa cohorte de supporters  racistes, et des brigades rouges. C’est l’Italie de l’immigration, et son cortège de misère et d’humiliations.

 

-6-

 

Mais c’est aussi celle de Garibaldi, de Verdi de Puccini, d’Arturo Toscanini,  de Pavarotti, de la Magnani de la Tébaldi,    de Gramci, d’Aldo Mauro, d’Enrico Berlinguer, du « Compromis Historique », si cher à ces deux là.  

Compromis historique. Quel autre pays au  monde,  que l’Italie aurait pu inventer un concept  pareil ?

A en rendre jaloux les inconditionnels de la «  troisième voie », vieille Arlésienne  de la politique française.

 L’Italie c’est aussi celle de Primo Lévi, de Malaparte, d’Umberto Eco,  Casanova, Moravia,  Pirandello, d’Alessandro  Barrico,  de Machiavel,  de Ferrari, de  Pinocchio, d’Armani et de Cerruti, (aie,aie la carte bleue) d’Agnelli, de la Juve et de la Fiat 500, de la Vespa. Mais  encore  de Gina, de Claudia,  Sivalna, (ah Silvana Mangano, en short  dans les rizières de la Plaine du Pô…), Julietta, Virna,  Monica (Vitti, je précise) et de Sophia.

Sophia dont Michel Audiard disait : « Qu’un gentleman, c’est quelqu’un qui parle de Sophia Loren sans les mains ».

Si  l’on ajoute à cette liste, pour être fédérateur de la beauté féminine internationale, Maryline et Brigitte, reconnaissons mon cher Alberto, que les adolescents de notre époque, eurent beaucoup de chance,  et de choix, d’avoir de telles égéries pour susciter leurs, nos, premiers émois énamourés.

Toutefois et pour en revenir au cinéma italien, ne soyons pas en reste avec : Nino  Manfredi,  Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, Alberto Sordi, Ugo Tognazzi, Gian Maria Volonté, Folco Lulli, Gino Cervi et … TOTO.

Tant de célébrités, évoquées  dans votre livre, avec talent et une belle vivacité de plume.

 

-7-

 

Vous nous direz  toute à l’heure si vous êtes un italien devenu français, ou un français qui reste malgré tout italien. Car vous savez bien Alberto, que c’est un peu le reproche que l’on fait à votre livre, notamment Marcelle Padovani, dans le nouvel OBS : (et pourtant vous affirmez, comme pour devancer la critique: « je suis un Italien…né Italien point final ») n’est –ce pas un livre écrit sur les italiens avec un regard de français ?

Je n’ai, en ce qui me concerne et à vous lire, aucun doutes sur la question : vous êtes profondément italien, et vous aimez l’Italie. Désespérément.

Pour ce qui est des Français, notons au passage, et à juste titre, que vous n’êtes pas toujours tendre avec nos compatriotes, que vous égratignez, chaque fois que cela vous semble nécessaire.

Eh pan au passage un petit coup sur les français, ça leur rabattra un peu  le caquet de leur superbe arrogance. Un petit coup de … botte italienne dans l’arrière train de nos certitudes.

Pour autant,  les italiens ne perdent rien pour attendre.

 Savant dosage et  équilibre parfait dans le : « Qui aime bien châtie bien ». Le tout  pratiqué avec  talent.

Votre livre, dés les premières pages fait appel au passé si riche de votre pays. Nous ne vous ferons pas reproche de nous entrainer  dans une démarche historique,  par ailleurs fort bien maîtrisée.

Si bien maitrisée (tout autant que  celle de la  grande culture de votre pays que vous manifestez tout au long de votre livre),  que je me suis  demandé,  si à défaut de journalisme, vous n’auriez pas  pu être historien.

 

-8-

 

Ou peut êtres  les deux à la fois. Ce que vous êtes probablement.

Vous avez bien raison de convoquer l’histoire pour dire le présent, car, d’où que l’on vienne, nous sommes les héritiers de celle-ci.

Vous nous expliquerez, entre-autres, Alberto Toscano, les raisons, vos raisons, de ce livre, au moment où l’Italie vit une des crises les plus graves de son histoire.

Une de  plus, pourrait-on dire.

 Vous nous parlerez de ce peuple italien, dont vous dites «  qu’il doit-être immergé dans la boue jusqu’au cou pour retrouver le chemin de l’ascenseur. »

Ce qui témoigne de sa formidable capacité à se tirer d’affaires, même dans les  pires moments de son histoire.

Toutefois l’on sent poindre sous vos propos parfois un peu désabusés, à peine   effleurés, ou du moins le pense t-on, vos doutes. Et si cela ne fonctionnait plus ?

Votre avis sur les points, ou non, de similitudes entre Italiens,  et français, à ce stade  de la dégradation de l’Europe, sera  tout  à l’heure  très intéressant.

Votre ouvrage alterne des moments de  gravité, de nostalgie, voire de mélancolie, et de comique à l’Italienne, notamment quand, paraphrasant Moïse,  vous nous livrez  les 10 commandements qui régissent une parfaite cuisson des pâtes.

Recette qui à elle seule justifierait, presque  la lecture de ce livre et vaut  son pesant de ... Parmesan

 

-9-

 

Votre livre provoque une drôle de réaction. On le commence avec la conviction de trouver dans celui-ci des arguments pour nourrir  notre circonspection  et notre  irritation sur les Italiens, et vous réussissez ce tour de force, malgré vos lucides et avisées critiques, à  nous les faire aimer encore plus, et nous  sentir solidaires de leur destin. !

Nous sommes  donc avides de vous entendre  parler des italiens, ces éternels amoureux de l’amour,  qui ont besoin, dites-vous en substance, de rêver en permanence pour exister.

Votre livre les invite cependant, avec beaucoup de  courtoisie moqueuse,  à regarder l’avenir, en gardant le plus possible les pieds sur terre,

et  impatient  de vous écouter  sur  l’Italie, pays souvent meurtri, dont l’histoire s’écrit, s’est écrite avec des périodes d’ombres sombres, alternées  par des moments de lumière, aux lueurs c’est vrai,  incertaines.

Parlez nous de ce pays là, mais donnez nous, Alberto Toscano, je vous en conjure,  des raisons d’espérer de lui.

Ensuite après votre exposé, nous passerons la parole à la salle, car ceux qui ont lu le livre, souhaiteront faire probablement des commentaires, et ceux qui le liront, poser des questions.

Et peut-être les deux à la fois.

Je  vous cède volontiers la parole après l’avoir confisquée, sans vergogne, quelques minutes.

 

Alors à toi … sacré italien !


Date de création : 19/05/2014 @ 10:50
Dernière modification : 19/05/2014 @ 10:54
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