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Ces Gaffeurs.gif À l’invitation de l’AIAPA, présenté par le Professeur Georges Ulysse , le journaliste et chroniqueur Alberto Toscano a présenté à la Librairie Vents du Sud d’Aix son dernier essai, Ces gaffeurs qui nous gouvernent (éd. Fayard, 15 euros) comme il l’avait fait précédemment, pour France Italie, coups de tête, coups de cœur et Vive l’Italie (Quand les Français se passionnaient pour l’Unité italienne). L’ouvrage est nourri d’une riche information puisée aux meilleures sources et souvent tirée de l’expérience personnelle, directe et exclusive d’un auteur qui, président du Club de la presse européenne, exerce son talent dans la presse écrite et les médias audio-visuels, fréquente de près les milieux politiques, garde l’œil et l’oreille rivés sur l’actualité et bénéficie des secrets réservés aux journalistes les mieux introduits. Dans son essai, Alberto Toscano accorde une place de choix aux perles récoltées en Europe mais son domaine d’investigation s’étend au monde entier. Il sélectionne avec soin les exemples les plus significatifs de gaffes, bourdes, bévues, imprécisions, erreurs, confusions, méprises, dérapages, bavures, faux-pas, pataquès, approximations, « boulettes », ainsi que les boutades et plaisanteries plus ou moins fines qu’on trouve dans la bouche ou sous la plume des politiques qui « se prennent le pied dans le tapis ». Écrit avec brio, le livre se lit avec plaisir grâce au rythme guilleret et à la tonalité séduisante que l’auteur lui a donnés (Trichet et les ailes du désir, Berlusconi et l’insoutenable légèreté de l‘être…, etc.) C’est avec le sourire mais aussi parfois avec stupeur ou indignation qu’on voit comment se comportent et s’expriment des responsables dont on attendrait une attitude inspirant le respect et la confiance à défaut de sympathie. Peu de « grands » de ce bas monde sont absents de la galerie de portraits brossés par Alberto Toscano (Sarkozy, Berlusconi, Bush, le Prince Philip, Reagan, Obama, Ségolène Royal, Chavez…, sans oublier Pie XII, etc). La panoplie, très étendue et variée rapproche des cas très récents et qu’on a encore à l’esprit et d’autres appartenant à un passé plus ou moins éloigné mais dont il est bon de raviver le souvenir. Cette collection étendue, habilement ordonnée, Alberto Toscano l’analyse avec perspicacité, virulence ou humour, pour en révéler, à l’issue d’une lecture à orientation psychanalytique quand il s’agit d’authentiques lapsus, la signification profonde. C’est ainsi que ce livre apporte de l’information et maintes occasions de rire ou de sourire tout en invitant à l’examen et à la réflexion. Finement, l’auteur montre, par exemple, que la gaffe, utilisée volontairement comme une arme de dissuasion, crée une diversion, écran de fumée détournant l’attention pour « enfumer » les adversaires (cas de Berlusconi) et, audacieusement utilisée, peut influer sur le cours de l’Histoire (Mur de Berlin).

Au cours de l’entretien, qui a suivi cette présentation, l’auteur a défini l’orientation donnée à son livre. Il a précisé l’interprétation qu’il donne de certains cas significatifs toujours utilement replacés dans le contexte historique qui les éclaire, et il a même fait des confidences sur le milieu journalistique (le fameux « out of record » mais aussi les exigences du métier).

Les échanges avec l’auteur puis entre auditeurs ont été nourris, certains se demandant, au cours des conversations particulières ou dans leur for intérieur, quel rôle politique peut jouer la dénonciation de la gaffe, vénielle et excusable pour les uns, à jamais impardonnable pour d’autres. Utile si elle révèle aux citoyens l’incompétence, la vanité, l’hypocrisie, plus discutable si, devenue matraquage à la limite du harcèlement, elle risque soit de lasser et d’éloigner de sujets plus sérieux, soit de persuader que les politiques révéleraient par leurs gaffes qu’ils ne méritent ni considération ni indulgence, et sont donc « nuls », jugement démagogique dangereusement proche du « tous pourris » qui, malicieusement distillé, peut avoir des effets ravageurs sur le destin de la démocratie. Passer de la remontrance au jugement, de la dérision à la condamnation, du dédain à la haine, risque aussi de conduire « les gaffeurs qui nous gouvernent » à se protéger davantage, à cadenasser l’information, à se surveiller au point de perdre naturel et donc sincérité. Pourquoi n’auraient-ils pas, eux aussi, le droit de « gaffer », si les conséquences de leurs propos sont plus ridicules que préjudiciables au commun des mortels ? Dans le cas de gaffes plus drôles que scandaleuses, ne peut-on leur accorder une certaine indulgence en reconnaissant leur droit à l’erreur imputable à la fatigue, à l’impulsivité, à la distraction ou à un excès de confiance ou de relâchement, bien humain à la vérité ? Que celui qui n’a jamais gaffé leur jette la première pierre, n’est-ce pas ?

Ce livre invite le lecteur à une réflexion sur les rapports des citoyens et de leurs représentants et sur le rôle et le pouvoir de « l’industrie de l’information ». À lire et à relire, donc, pour y puiser des éléments plaisants ou inquiétants, des raisons de suivre de près l’actualité et y trouver l’occasion de réfléchir aux formes de l’information et de la propagande politique.

G.U


Date de création : 26/02/2012 @ 12:27
Dernière modification : 23/02/2013 @ 15:14
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