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IF.gifFrance Info éveille mes pensées et teint d’une touche de lumière mon âme, très sombre et égarée dans les limbes du matin.

J’ai dû me lever à l’aube ou presque pour ne pas être en retard ce matin et garantir ma présence à l’établissement scolaire… Je dois écouter mes élèves me raconter en italien ce qu’elles vont comprendre d’un texte tiré de Il sole 24 ore. Examen oral blanc !

France Info sait me distraire en me parlant du Collège des Bernardins.

Du coup je ne pense plus: élèves, italien, Italie…la transmission à la radio est en train de m’aimanter et de me faire voyager. Plus vite que le TGV, que le Concorde, sfreccio, c'est-à-dire, je file à la vitesse de l’éclair. Je me parachute et j’’atterri à Paris dans le Vème, mon arrondissement bien aimé.

Devant l’église de St Médard, j’hésite, mais je n’ai pas le temps d’entrer ni dans le bâtiment, ni dans  son petit jardin ou’ parfois je m’assois sur un banc pour un petit pique-nique. Faut-il avouer qu’à Paris mes interludes culinaires sont souvent beaucoup moins rapides que le temps d’un panino. (Je m’interdis d’utiliser l’équivalent français du terme, c'est-à-dire « panini » qui m’ahurit et me provoque une dose d’urticaire! Panini en italien est un pluriel; le pluriel de panino, donc si j’en mange un seul je ne peux pas utiliser la forme plurielle…j’aurais dû employer le terme sandwich, mais d’abord je mange un panino et non pas un sandwich, et deuzio aujourd’hui je fais passer des examens d’italien, donc je me veux puriste !!! Gare aux gallicismes et aux anglicismes !

Dommage! Je n’ai pas le temps pour Mavrommatis, décliné dans toutes les formes de sa cuisine, que ce soit le restaurant qui porte son nom ou bien « les délices d’Aphrodite » ou le traiteur, tous dans l’espace de quelques mètres près de la sortie métro Censier-Daubenton.

 Cuisine grecque sublime… Mavrommatis est un de mes restaurants préférés et je ne dédaigne pas d’acheter à la boutique des petites merveilles déjà cuisinées que j’emporte à la maison.

Tempus fugit ! Je ne peux pas m’arrêter non plus à la boulangerie de la Rue Mouffetard, ne serait-ce que pour acheter un pain aux grains en forme de baguette. Le parfum de la boulangerie attaque mes narines, avec ou sans « madeleine » mais je n’ai pas le temps, en plus il y a une queue monstre! Je remonte la rue Mouffetard comme une flèche: à gauche la boutique qui porte le nom de la fille de ma prof bienaimée, Anoki. Ma pensée court vers la petite fille aux cheveux blonds et à sa maman qui n’est plus, désormais, rousse arc-en ciel. Délavage de l'âge, de la maternité ou bien de la sagesse ?

A droite au 67 La maison des tartes, salées, sucrées, accompagnées de cidre. Petit endroit sympa, pas cher et bon !

Je n’ai véritablement presque plus de temps. J’aurai dû être plus logique, sensée, structurée et atterrir plus près du collège …mais c’est reconnu, je n’ai pas la rigueur française et je ne l’aurai jamais au plus grand désespoir de mon ex prof. Me voilà enfin arrivée, je suis à bout de souffle. Je m’arrête avant d’entrer et j’écoute l’histoire :  

Au XIIè siècle, une révolution intellectuelle secoue l’Europe. Les monastères, jusqu’alors principaux centres intellectuels, cèdent peu à peu le pas aux Universités nouvellement créées dans les grandes villes.

C’est à un moine d’origine anglaise, Etienne de Lexington, abbé de Clairvaux, que revient de créer en 1245 le Collège Saint-Bernard, bientôt désigné comme Collège des Bernardins, pour servir de lieu d’étude et de recherche au cœur de la pensée chrétienne.

Pendant plus de quatre siècles, le Collège des Bernardins, contribuera au rayonnement intellectuel de la ville et de l’Université de Paris.

A la Révolution Française, le Collège des Bernardins est vendu comme bien national. Devenu prison pour les galériens, il est bientôt relégué comme entrepôt, puis sert brièvement à nouveau d'école pour les Frères des écoles chrétiennes, avant de devenir, à partir de 1845 et jusqu'à une date très récente, une caserne des pompiers,  (il faut rendre hommage à l'habilité de pompiers qui se sont garés entre les colonnes, sans jamais les endommager) puis un internat pour l'École de police. Une chance, pour ce bâtiment à la vocation collégiale oubliée, car il fut sinon respecté, du moins occupé et entretenu jusqu'à la veille du chantier de restauration. 

A présent, propriété du Diocèse de Paris qui l'a acheté et restauré de façon exemplaire, le Collège des Bernardins ouvre à nouveau ses portes à la culture en réservant aussi un espace à l'art. Du 19 Novembre 2010 au 23 Janvier 2011 elle abrite l'exposition du photographe anglais Brian Griffin au titre "The black country"

Un hommage au fondateur du Collège, lui aussi originaire d'au delà de la Manche?

J'en suis pas sure. En tout cas j'ai repris mon souffle et je suis prête à entrer.

Trop tard! Il est 8 heures. Je gare ma voiture. J'ai juste le temps de récupérer au secrétariat ma fiche d'évaluation et de faire entrer la première candidate.

L'expo sera pour mon prochain Paris. 

Je parie que lors du prochain voyage j'aurai le temps pour toute sorte de bouffe culturelle et culinaire et pour une bouffé de fantaisie aussi.

21 novembre 2010


Date de création : 13/02/2012 @ 12:00
Dernière modification : 02/02/2014 @ 19:00
Catégorie : Rubriques - Diario
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