Rentrée de l'AIAPA avec Ferrante Ferranti le 30 sept. au Château de Lourmarin... Les inscriptions aux cours continuent (voir site: nos cours...)

Vous êtes ici :   Accueil » CHA-RA-BIA
 
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...
Activités
 ↑  
Voyages
Rubriques
Saveurs

IF.gif

Ah ! Si madame Dauxin pouvait me lire !

Si elle pouvait aviser les progrès de mon français, elle qui l’avait traité de charabia !

Cha-ra-bia ! Trois syllabes épouvantables !

Un son presque sinistre et des concepts bizarres véhiculés : un mélange entre un chat et un rat, enragés ; une vague idée de charia et de langue arabe, toutes choses sans liens avec mon français italianisé. Tel sonnait à mon oreille ce mot !

Je crois que je ne me suis jamais remise de cet affront, limitativement mérité, à mon humble avis.

C’était l’époque de mes débuts à la Fac.

Les premiers pas d’une jeune étudiante dans ce tabernacle de la culture, ce temple de l’instruction, qui des temples anciens avait hérité aussi une certaine décrépitude, un certain abandon, un vrai délabrement.

Telle était en effet la situation du bâtiment qui abritait et continue d’accueillir la Fac de lettres, son personnel et ses usagers.

Jeune étudiante, pas forcément à cause de mon âge (mon état de mère pluri décorée justifiait de mes cernes et de mes rides) plutôt pour le manque de familiarité et d’entrainement avec les structures scolaires françaises, que jusqu’alors je n’avais fréquentées que de façon indirecte.

J’avais perdu depuis un bon moment l’habitude aux bancs et à la traduction ; j’étais un peu rouillée, puis il faut avouer que mes connaissances grammaticales et syntactiques de la langue de Molière se limitaient à cinq ans d’étude en Italie et à beaucoup de fréquentations à l’oral d’un français provençal, agrémenté d’épices Brassensiennes (licence italo-poétique, toujours en l’honneur de ce remarquable, unique Georges).

Souvenirs de la Fac. J’en ai des tonnes !

Cela a été une période extraordinaire, faite de rencontres exceptionnelles, d’expériences privilégiées, qui m’ont beaucoup appris, pas forcement dans le domaine concerné, bien que mes connaissances aient fait un véritable saut de qualité et de quantité aussi.

Dans mes trois années et demie que j’ai passées, avenue Schumann, j’ai bien sûr amélioré mon français, j’ai franchi le pas de la lecture de bouquins dans cet idiome, appris à écrire sans trop de peur et surtout à faire mienne la phrase de Socrate « Connais-toi toi-même »

J’y ai connu des profs, des étudiants, des gens de tous types : arrogantes, banales, classiques, dédaigneuses, expérimentées fainéantes, géniales, humaines, intelligentes, jalouses, kitch, lourdes, mélomanes, nymphomanes, odieuses, prétentieuses, quelconques, ravissantes, séduisantes, théoriques, uniques, vertueuses, wasp (variété locale, corrigée) xénophobes, yin-yang, zen.

La liste de mes adjectives étant surement non exhaustive et ne répondant qu’au désir de virtuosité, je demande pardon, d’avance à qui ne se retrouvera décrit par ces épithètes et à qui se sentira visé outre mesure.

Ah ce beau temps de la Fac !

Le combat contre l’accent, une lutte perdue d’avance, l’apprivoisement du futur dans le passé, une conquête miraculeuse qui n’a jamais cessé de m’étonner, l’émaciement du subjonctif (comme j’ai déjà eu l’occasion de le préciser, j’ai toujours utilisé ce mode à l’italienne, en guise de parmesan ; en en disséminant dans mes phrases comme lorsque je saupoudrais mes pâtes de fromage, donc en abusant),son amenuisement, un défi relevé et, au bout d’un certain temps, presque totalement gagné.

Le long de ce chemin de batailles j’ai croisé madame Dauxin, cette remarquable petite dame douée d’un incroyable humour, que j’ai fini pour apprécier énormément, en arrivant à lui pardonner son « charabia » dû surement à un moment de lassitude, causé par un excessif nombre d’illettrés qui fréquentaient en ce lointain début d’année universitaire le département d’italien ; elle aussi en arrivant à me pardonner et me remonter dans son estime, voyant comme je me passionnais !

Et comme disait Saint Augustin

Celui qui se perd dans sa passion

est moins perdu que celui qui perd sa passion

 

Donc, je n'étais pas si perdue que cela; disons, un peu égarée, juste à ramener sur le droit chemin!

Un chemin sur lequel j’ai trouvé beaucoup de compagnons de voyage et notamment ma copine de la Fac, ma « fille » universitaire (désormais elle aussi maman depuis quelques mois) et ma Prof bienaimée qui a beaucoup veillé à que ma passion brule d’un feu toujours plus vif et inextinguible.

Ah ! Si madame Dauxin pouvait lire mon blog et les commentaires de mon Anonyme bienaimée !


Date de création : 02/01/2012 @ 15:45
Dernière modification : 02/02/2014 @ 18:56
Catégorie : Rubriques - Diario
Page lue 3389 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !

Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
K45d
Recopier le code :
43 Abonnés
Le régard de F. Ferranti
Calendrier
 
 
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...