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Portofino

C'était en fin d'après-midi; ayant atteint Rapallo, je savais que j'étais près du but. Mon imagination tentait de suggérer l'environnement de ce port que j'avais aperçu, lors de la projection d'un film.

La route du bord de mer serpente, offrant au regard d'inoubliables échappées. Des torrents de fleurs se déversent sur la chaussée, sautant par dessus les clôtures ; des maisons  bâties au cœur de jardins bien ordonnés, se succèdent sans jamais lasser le regard tant la diversité se manifeste. Les ocres et les rouges de ces résidences à l'architecture soignée alternent avec l'infinité des verts que l'abondante végétation engendre. Et au-delà, la mer, toute scintillante, bénéficie des douces clartés d'un soleil déclinant. Une impression de paix se dégage de cette atmosphère.

Les courbes s'accentuent comme si l'approche du lieu fatidique devait être soulignée d'épreuves. Un couple d'auto-stoppeurs qui se révèlent être des français me sollicitent. Nous faisons le voyage de concert. Ils avaient dû rebrousser chemin,  en  voiture, et voulaient refaire une tentative en car. Les piétons ne sont pas victimes d'un numérus clausus comme les automobilistes, pour l'accès au bourg. La côte que nous longions se découpait de plus en plus, nous contraignant à négocier des virages très nombreux. La lumière qui jouait à cache-cache avec les rochers se faisait plus intime. Finalement un ultime détour nous conduisit sur une place où je déposais mes passagers.
 
A moi, Portofino! Me frayant un passage parmi les touristes, je descendais la rue qu'empruntait un cortège d'estivants. De part et d'autre quelques boutiques offraient t-shirts ou cartes postales. Au fur et à mesure que j'avançais, de petits restaurants affichaient leur menu. Les maisons étaient toutes anciennes, assez bien entretenues. Aucune voiture ne venait perturber notre progression. Tout était calme et douceur. C'est dans cette ambiance que je suis parvenu au port.

Quel éblouissement ! Ce n'était pas une affaire de lumière intense, c'était beau jusqu'au ravissement, tout simplement. Dans le port, quelques petits bateaux dansaient doucement, au premier plan. Au-delà, d'énormes yachts barraient une partie de l'horizon...lourde manifestation d'une écrasante opulence. Un véritable cirque de collines laissant seulement une issue à la mer nous entourait. Le village trace des courbes. Ses maisons bâties au ras de l'eau tournent et retournent  se développant comme un "s" que des enfants appliqués auraient inscrit.

Je me suis assis sur un banc, à l'extrémité d'une jetée qui s'avançait au milieu de la crique. Et j'ai contemplé dans la lumière du couchant cet espace paisible. Une population essentiellement composée de touristes évoluait avec dignité dans cet environnement exceptionnel. Au-dessus des taches de couleurs des parasols, les façades ocre s'alignaient. Les couvertures de tuile apportaient leur note et servaient de transition avec la verdure qui s'étageait sur les hauteurs.

Deux touristes me demandèrent si j'accepterais d'immortaliser leur image sur la pellicule, je me prêtais volontiers à cet exercice. et je retournais à ma contemplation, heureux d'avoir été associé pendant un instant au moins, au présent, à la vie qui continue. Une grande impression de paix se dégageait.

Avant que la lumière ne nous soit ravie par la lente chute du soleil, j'ai arpenté les ruelles en pente...entre les petites maisons si bien entretenues et aux jardins décorés parfois de sculptures inattendues.
Mes pas m'ont conduit jusqu'à cette église posée sur un col, couverte de plaques de marbre à la mémoire des célébrités bienfaitrices. Au-dessous et à pic d'une falaise, s'étendait la mer, à l'infini: une démesure comparée à l'intimité de l'autre versant à partir duquel j'avais effectué mon ascension. Une riche demeure faisait face à l'église. Elle semblait inhabitée.

Je suis redescendu empruntant un autre chemin plus direct et de ce fait plus abrupt. Et pendant un moment j'ai erré dans ces lieux insolites. Commune animée, décor de théâtre...qui sait? Le soir tombait, les chandelles garnissaient les tables autour desquelles les convives étaient rares.

J'ai quitté Portofino, marqué par ce sentiment d'avoir eu accès à l'un de ces pôles d'attraction d'où l'on ressort imprégné par de fortes impressions. Elles tiennent aux couleurs, aux formes que la nature a imposées, à l'atmosphère extraordinaire qui se dégage et dont une part est ineffable.

 B. M.


Date de création : 26/11/2011 @ 21:31
Dernière modification : 26/09/2012 @ 17:45
Catégorie : Voyages - Carnet de Voyage
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par Tosca le 29/11/2011 @ 12:34
Portofino a renvoyé ma pensée à un autre village ligurien: Porto Venere à côté des Cinque terre. Nous rentrions d’un voyage en Toscane avec des copains français. La première halte en arrivant en Italie avait été Camogli et en quittant mon pays je voulais offrir à mes amis une dernière vue spectaculaire sur ce Mare Nostrum. Cela faisait un énorme laps de temps depuis que j’avais visité Porto Venere pour la dernière fois et je l’ai trouvé bien sûr changé. Accès presque impossible en voiture, j’avais dû bien négocier avec le gardien du parking pour qu’il accepte de faire garer notre voiture, le temps d’une petite visite, d’une petite collation. Léger repas dans un petit resto, conseillé dans notre guide gourmande (et non), où la moitié des commensaux étaient de langue transalpine. Partout une foule incroyable en ce dimanche de fin avril. Je commençais à me repentir d’avoir eu l’idée de cette étape, mais on y était et,..bon, on allait continuer notre petit tour. Nous avons grimpé jusqu’à la petite église de San Pietro, bâtie sur le reste d’un ancien temple probablement érigé en l’honneur de Venus  Ericina (d’où peut être le nom Porto Venere) et là en sortant de l’église la vue sur la mer  au travers d’un arc  à pic sur l’étendue bleu, un spectacle à couper le souffle. Je suis resté, le regard scotché, perdu au-delà de cette fenêtre en pierre, mon esprit errant au loin dans l’espace et dans le temps. Rien que cela valait le détour.

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