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IF.gifUne recette par mois :   J comme…

 ....Jacquemart-André(non seulement de pain vit l'homme).

Un musée qui pendant mes vadrouilles parisiennes m’attire toujours pour une petite visite même lorsqu’il n’y a pas d’événement particulier au programme, ne serait-ce que pour me faufiler sur la gauche et aller admirer Les Pèlerins d’Emmaüs de Rembrandt, puis grimper l’admirable escalier qui ne cesse pas de m’impressionner à chaque fois je le regarde, ensuite pour une petite incursion dans la salle italienne au premier étage, véritable bijou, un musée dans le musée, juste pour une halte devant Paulo Uccello et son Saint-Georges et le dragon qui n’arrête pas de me captiver par le charme du fantastique et de sa modernité et bien sûr enfin pour une véritable pause sur un des bancs du jardin, là où je me pose pour un moment de réflexion, pour savourer les délices que je viens de gouter.

(Si les lecteurs m’ont suivi jusqu’à la fin de ma première phrase, en même temps le premier paragraphe cela signifie que leur niveau de morphologie et divagation italienne est très bonne)

En ce moment, une raison de plus pour ne pas rater un rendez-vous au 158 boulevard Haussmann, là où se trouve l’ex demeure du couple de mécènes dont le Musée porte le nom, car il y a à l’affiche une expo éclatante dans tous les sens Fra Angelico et les Maitres de la lumière, qui a ouvert ses portes le 23 septembre et les fermera le 16 janvier.

En vertu de cette exposition, mon Paulo Uccello bienaimé a quitté la salle italienne et on peut l’admirer parmi les tableaux de Fra Angelico et des autres peintres.

Beato Angelico, comme on l’appelle plus communément en Italie, se forme, dans un climat de gothique international, à l’école di Lorenzo Monaco, et c’est bien un tableau de ce dernier, qui nous donne en premier le bienvenu.

Saint Nicolas sauvant un navire : le saint qui sauve les marins, prédelle baignée d’une atmosphère fantastique et visionnaire qui m’a beaucoup enchanté et guidé dans mon périple artistique.

Toute l’exposition plonge dans un jeu de lumière.

Les peintres du Quattrocento, désireux d’exprimer la puissance des forces sacrées rivalisent en ingéniosité pour faire briller l’or et les couleurs et le résultat est épatant.

Dès rayons qui annoncent le miracle dans Saint-François recevant les stigmates de Gentile da Fabriano au petit Jésus irradiant la lumière depuis la mangeoire de la Nativité de Fra Angelico, entre le chatoiement du clair-obscur et une danse des anges sur le toit de la cabane, tous des effets magiques qui fascinent.

Mon regard n’est que celui d’une profane qui s’est laissée séduire par ces tableaux et qui ne songe donc pas à tenir un cours d’art qu’elle ne serait pas capable d’assurer.
Je désire néanmoins conclure par un « je vous salut Marie » soulignant la beauté des Vierges d’humilité qui étaient accrochés aux murs des salles d’exposition.

 

 

 

Ces Vierges à partir de 1348, date de la grande peste, ont pris la place des Vierges en majesté  plus sévères, des madones assises sur le sol qui répondent au besoin d’accentuer l’humanité des personnages divins pour les rendre plus accessibles.

Parmi les représentations de la mère du Divin Enfant de Fra Angelico, remarquable est la Madone de Cedri (sans compter qu’elle provient d’une église près de Pise et sans remettre cela sur le dos de mon prétendu chauvinisme), absolument splendide la Vierge à l’enfant provenant de la Galleria Sabauda de Turin (bien que d’origine toscane, quelque chose de bon arrive aussi du Piémont (cela étant une preuve supplémentaire de l’ objectivité de ma pensée). Vierge d’une grande douceur, dans un tableau doublement enveloppé de lumière e pour finir Le couronnement de la Vierge, une peinture d’une luminosité incroyable provenant de l’église de l’Ospedale di Santa Maria Nuova à Florence où on la nommait Le Paradis. Nom bien choisi car on a l’impression de se retrouver au plus haut des cieux avec les Saints, les Anges les trompettes et surtout avec ce flamboiement qui relève d’une autre dimension.

Je pourrais en terminer là, car le mien n’est qu’un bref partage de cette expo, mais je ne peux pas achever mon conte sans un petit signe envers Filippo Lippi, présent lui aussi parmi les peintres de la lumière.

Je ne peux pas éviter de le nommer, car c’est le premier peintre du Quattrocento qui m’a touché dans mon adolescence, qui a su m’ensorceler lors d’une visite scolaire aux Offices à Florence.

Je trainassais d’une pièce à l’autre sans trop d’enthousiasme lorsque mon regard fut attiré par cette Madone d’une beauté et d’une pureté extraordinaire, La Vierge à l’enfant et deux anges.

Je crois être restée devant le tableau pendant un temps interminable, sans pouvoir m’éloigner. Je me revois en sortant passer par la boutique du Musée et m’acheter la carte du tableau.

Pas évidant à quatorze ans d’investir le peu d’argent de poche dans un souvenir culturel.

J’ai gardé cette habitude de repartir d’une expo avec la carte d’un tableau qui m’a le plus marque, en souvenir d’une journée de beauté et en souvenir de la grâce que jadis m’avait touchée.

Mai dire mai !


Date de création : 06/11/2011 @ 21:22
Dernière modification : 02/02/2014 @ 18:58
Catégorie : Rubriques - Diario
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